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Étude publiée · Projections pluviométriques

Une baisse, puis une reprise : l’avenir des pluies à Beni–Irumu

Dans un avenir à fortes émissions, la pluie dans la région de Beni–Irumu, dans l’est de la RD Congo, devrait baisser au cours des prochaines décennies puis se rétablir plus tard dans le siècle. Un lieu, Oicha, reste plus sec sur toute la période.

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Période de référence
32 ans
Lieux analysés
14
Plus humide et plus sec, historique
1 768 et 864 mm / an
Plus forte baisse à court terme, Oicha
−566 mm / an

Comment lire les chiffres : toutes les projections suivent le scénario SSP5-8.5, une trajectoire à fortes émissions, et comparent chaque période future à la référence 1983–2014. Le mont Stanley est le lieu le plus humide et Kasenyi le plus sec.

01Question

Pourquoi projeter la pluie ici ?

Les territoires de Beni et d’Irumu s’étendent sur les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, d’environ 609 m le long de la Semliki à plus de 4 800 m sur le Rwenzori. L’agriculture traditionnelle, principale source de revenus, dépend de la pluie, mais les études antérieures reposaient sur quelques pluviomètres et ne pouvaient montrer ni la variation de la pluie dans un paysage aussi contrasté, ni son évolution possible.

02Méthode

Pluies satellitaires et deux modèles climatiques

L’étude a utilisé les pluies CHIRPS à 0,05° pour 14 stations virtuelles afin de décrire la période de référence 1983–2014. Deux modèles CMIP6, GFDL-ESM4 et INM-CM5-0, ont été corrigés sur CHIRPS par ajustement de distribution gamma puis moyennés en un ensemble, qui reproduit fidèlement la moyenne observée (1 315,56 mm simulés contre 1 306,13 mm observés ; biais de 0,72 %). Les projections SSP5-8.5 couvrent 2026–2050, 2051–2075 et 2076–2100, analysées par tendances de Mann-Kendall et indice de précipitations standardisé (SPI).

  • CHIRPS · 0,05°
  • CMIP6 · GFDL-ESM4 · INM-CM5-0
  • Ajustement de distribution
  • Mann-Kendall · SPI

03 / Résultats

Trois périodes, un écart persistant

01

Montagnes humides, plaines sèches

Historiquement, le mont Stanley reçoit le plus de pluie (1 767,87 ± 174,41 mm par an) et Kasenyi, près du lac Albert, le moins (863,65 ± 81,85 mm). Les projections conservent ce gradient orographique à chaque période.

02

Une baisse à court terme

Pour 2026–2050, la pluie diminue presque partout : de 565,55 mm par an à Oicha, 323,45 mm à Maboya, 296,58 mm à Kamango et 251,25 mm à Bulongo. Kasindi/Yihunga varie le moins, avec −58,5 mm.

03

Une reprise, sauf à Oicha

La pluie commence à se rétablir à partir du milieu du siècle et, en 2076–2100, la plupart des lieux dépassent la référence, en tête Kasindi/Yihunga avec +329,7 mm. Oicha reste en dessous : −417,48 mm en 2051–2075 et −313,82 mm en 2076–2100.

04

Les années sèches reviennent

Le SPI montre des années de sécheresse sévère en 1984, 1991, 2002, 2003 et 2009. Selon SSP5-8.5, des conditions sévèrement sèches sont projetées sur presque toute la région en 2026, 2031 et 2046, puis en 2052, 2055, 2058, 2077 et 2080.

Lire les projections

Comment la pluie annuelle s’écarte de la période de référence

Trois cartes de la région de Beni–Irumu montrant l’écart entre la pluie annuelle projetée et historique selon le scénario SSP5-8.5 pour le court, le moyen et le long terme, du brun pour moins de pluie au bleu-vert pour davantage.

Écart entre la pluie annuelle projetée et historique (1983–2014) selon le scénario SSP5-8.5, à court terme (a, 2026–2050), à moyen terme (b, 2051–2075) et à long terme (c, 2076–2100). Le brun indique moins de pluie que la référence, le bleu-vert davantage. Le déficit autour d’Oicha persiste sur les trois périodes.

Figure 7, Posite et al. (2024). © Les auteurs. Reproduite sans modification ; taille d’affichage adaptée. CC BY 4.0 · Article source

04 / Contribution

Ma contribution

Je suis le troisième des huit auteurs. Comme l’indique la déclaration des contributions de l’article, j’ai conçu l’étude avec Vithundwa Richard Posite, contribué à la méthodologie et aux outils logiciels, et relu et amélioré le manuscrit.

05 / Interprétation

Ce que ces projections peuvent — et ne peuvent pas — dire

Les projections suivent un seul scénario, à fortes émissions, et un ensemble de deux modèles : elles décrivent un avenir plausible, pas une prévision. CHIRPS n’a pas pu être vérifié avec des stations locales. Les auteurs recommandent d’ajouter des trajectoires à plus faibles émissions comme SSP1-2.6 et SSP2-4.5, et leur explication de la baisse puis de la reprise par des déplacements de la zone de convergence intertropicale est une interprétation, non un résultat testé.

Référence

Remote Sensing · 2024

Posite, V. R., Saber, M., Ahana, B. S., Abdelbaki, C., Bessah, E., Appiagyei, B. D., Maouly, D. K. & Danquah, J. A. (2024). Modeling Spatio-Temporal Rainfall Distribution in Beni–Irumu, Democratic Republic of Congo: Insights from CHIRPS and CMIP6 under the SSP5-8.5 Scenario. Remote Sensing, 16(15), 2819.